Le lac de Côme et le lac Majeur concentrent chaque été une pression touristique qui n’épargne plus les villages autrefois discrets. Bellagio, Varenna, Stresa : ces noms reviennent dans chaque guide, chaque liste de voyage, au point que certains riverages ressemblent davantage à des parcs d’attraction qu’à des destinations lacustres italiennes.
La question de savoir où dormir ne se résume pas à un choix esthétique – elle conditionne le rapport qualité-prix, la facilité de déplacement et ce que vous vivrez réellement en dehors de votre chambre.
Lac de Côme : les villages qui tiennent encore à l’écart des flux
Le triangle Menaggio-Varenna-Bellagio reste la zone la plus conseillée, et c’est précisément pour cette raison qu’elle déborde en haute saison. Bellagio, nichée sur le promontoire central, affiche des tarifs d’hébergement parmi les plus élevés du lac, et ses ruelles se transforment en couloirs saturés dès la fin juin.
Lenno, sur la rive occidentale, offre un compromis différent. Le village est directement desservi par le réseau de bateaux qui relie les rives, mais il n’a pas le statut iconique qui attire les groupes organisés. La Villa del Balbianello est accessible depuis l’embarcadère, ce qui suffit à en faire une base fonctionnelle sans être un point de convergence massif.
Bellano, sur la rive est, mérite une attention particulière. Moins cité que Varenna qui se trouve à quelques kilomètres au sud, il conserve une structure de bourg lacustre ordinaire : commerces de proximité, hôtels familiaux, accès direct au train. Bellano permet de rejoindre Varenna et Bellagio en bateau sans y passer la nuit, ce qui change complètement la logique du séjour.
Argegno, dans la branche nord-ouest du lac en forme de Y, bénéficie d’une desserte régulière tout en restant en marge des circuits standards. Le village possède une télécabine vers Pigra, en altitude, et un bord de lac praticable le matin avant l’arrivée des excursionnistes.

Lac Majeur : entre Stresa saturée et les alternatives moins connues
Stresa reste le centre névralgique du lac Majeur : accès aux îles Borromées, gare, hôtels historiques. Elle concentre aussi l’essentiel de l’affluence. Pour qui veut la tranquillité sans renoncer à l’accès aux îles, Baveno et Cannobio répondent à des logiques différentes qu’il vaut la peine de distinguer.
Baveno est à quelques kilomètres au nord de Stresa, desservie par le même réseau de ferries. L’embarcadère existe, l’accès aux îles est possible, mais la densité hôtelière et la pression commerciale restent plus faibles. Les villas du XIXe siècle qui bordent le front de lac ont conservé une partie de leur architecture sans avoir été entièrement converties en complexes touristiques.
Cannobio se situe à l’extrémité nord du lac Majeur, côté italien, à proximité de la frontière suisse. La ville historique est piétonne en partie, le marché du dimanche y est resté une affaire locale plus qu’une attraction pour cars de touristes. L’accès par les transports en commun est moins direct depuis Milan, ce qui constitue à la fois un inconvénient pratique et la raison principale de sa relative tranquillité.
Arona, à l’extrémité sud du lac, est peu mentionnée dans les guides de voyage grand public. La ville est reliée au réseau ferroviaire, elle possède un centre historique avec une vieille ville et une place (Piazza del Popolo) à taille humaine. Elle fonctionne davantage comme une ville de services que comme un village de villégiature, ce qui explique ses tarifs d’hébergement inférieurs à ceux du nord du lac.
Choisir entre Côme et Majeur : ce que le mode de déplacement change
La question du transport n’est pas secondaire – elle détermine en grande partie quels villages restent accessibles depuis une base moins fréquentée. Sur le lac de Côme, les trajets combinent souvent bateau, train et bus selon les rives : le réseau ne forme pas une liaison unique qui desservirait uniformément tout le rivage.
Sur le lac Majeur, les ferries publics opèrent selon des horaires saisonniers. Les files d’attente aux embarcadères peuvent être longues en été et pendant les vacances, et les traversées peuvent être suspendues en cas de mauvais temps ou de forte houle. Un hébergement dans un village isolé desservi principalement par bateau demande une solution de repli par la route ou le rail.
- Sans voiture : privilégier Bellano ou Argegno sur le lac de Côme (accès train + bateau), Arona ou Cannobio sur le lac Majeur (gare + ferries).
- Avec voiture : les villages en hauteur ou sur les petites routes de corniche deviennent accessibles, mais le stationnement est limité dans les centres historiques pendant la haute saison.
- Pour un séjour court : une seule base bien choisie vaut mieux que deux hébergements avec les contraintes logistiques de transfert entre les deux lacs.
Villages moins touristiques : les limites réelles de l’information disponible
La notion de « village calme » évolue rapidement. Certains villages qui n’apparaissaient pas dans les guides il y a quelques années ont été découverts et diffusés sur les réseaux sociaux, modifiant leur fréquentation réelle sans que les articles de voyage aient eu le temps de se mettre à jour.
Il manque des données fiables et récentes sur la fréquentation réelle par village, par saison et par type d’hébergement pour les deux lacs. Les forums de voyageurs donnent des indications ponctuelles mais non systématiques. La période de séjour (mai contre juillet-août) change plus la réalité du terrain que le choix du village.
Pour les locations de courte durée en Italie, un code d’identification national (CIN) est désormais requis pour les hébergements touristiques. Lors d’une réservation directe, vérifier que ce code figure dans l’annonce permet de s’assurer que l’offre est correctement enregistrée – un point utile pour les locations chez l’habitant dans des villages moins structurés touristiquement.
Les hébergements présentés comme « au bord du lac » méritent aussi une vérification des correspondances réelles depuis l’embarcadère le plus proche, surtout si les excursions prévues impliquent des retours en soirée. Sur les deux lacs, certains horaires de bateaux se resserrent après 18h hors saison, ce qui peut compliquer le retour depuis un village voisin.

